Les déchets oubliés de la journée de travail : la pause déj' et la pause clope

30 juil. 2026

La journée de bureau a ses rituels. Deux d'entre eux produisent des déchets rarement inscrits dans les plans RSE : les restes du déjeuner et les mégots de la pause cigarette. Ce sont pourtant deux flux concrets, mesurables, et de plus en plus encadrés. Décryptage.

1. Le déjeuner : un tiers de la poubelle, désormais obligatoire à trier ♻️

Les biodéchets (restes de repas, épluchures, marc de café) représentent environ un tiers de nos déchets. Sur un lieu de travail qui restaure ses équipes, le volume grimpe vite : à titre d'ordre de grandeur, un restaurant d'entreprise servant 275 repas par jour produit près de 10 tonnes de biodéchets par an.

Depuis le 1er janvier 2024, la loi AGEC impose à tous les producteurs (entreprises comprises, quelle que soit leur taille) un tri à la source de ces biodéchets. Deux voies possibles : le compostage sur place, ou une collecte séparée pour une valorisation en compost ou en biogaz.

Sur la pause déjeuner, le geste s'organise en deux temps. D'abord réduire l'emballage à la source (c'est tout l'objet du réemploi proposé par La Boxeuse). Ensuite, orienter ce qui reste, c'est à dire les restes organiques, vers une filière dédiée plutôt que vers la poubelle grise. C'est le rôle d'un service comme Easy to Compost, qui collecte et valorise les biodéchets des entreprises.

💡 À retenir : trier ses biodéchets n'est plus une option RSE, c'est une obligation légale depuis 2024 et une matière valorisable, pas un déchet perdu.

2. La pause clope : un déchet concentré à la porte de l'entreprise 🚬

L'interdiction de fumer à l'intérieur a un effet mécanique : elle concentre les fumeurs (et leurs mégots) devant l'entrée. Le mégot est un déchet minuscule mais lourd de conséquences : en France, on estime entre 20 000 et 25 000 tonnes jetées chaque année sur la voie publique, et un seul mégot peut polluer jusqu'à 500 litres d'eau.

Côté droit, il n'existe pas (encore) d'obligation de collecte comparable à celle des biodéchets. Mais un mégot jeté au sol reste juridiquement un abandon de déchets, passible d'une amende pouvant atteindre 135 €. Surtout, l'entreprise qui concentre ce flux à ses portes en assume la responsabilité de propreté et d'image.

La réponse tient en deux éléments : un point de collecte dédié à l'endroit où les fumeurs se regroupent, puis une filière qui recycle réellement le mégot. Une fois collectés, les mégots sont dépollués et transformés en matière : c'est la démarche portée par Easy to Change.

💡 À retenir : le mégot n'est pas qu'un problème de propreté. C'est un déchet considéré comme "dangereux" et valorisable dès lors qu'il est collecté séparément.

3. Deux gestes visibles, un effet sur l'engagement 👥

Ces deux gestes ont ceci de particulier qu'ils se voient. Un point de tri près de la machine à café, un cendrier à l'entrée : les équipes les croisent chaque jour, quand le reste de la démarche RSE tient souvent dans un rapport qu'elles n'ouvriront pas. Cette visibilité fait la différence : le soin qu'une entreprise met à ce qu'elle produit le midi et à ce qu'elle laisse devant sa porte se lit sans commentaire, en interne comme pour un visiteur.

4. Par où commencer

Trois étapes suffisent pour lancer la démarche :

  1. Mesurer. Estimez vos deux flux : volume de biodéchets sur les temps de repas, quantité de mégots aux points de regroupement.

  2. Choisir la voie. Compostage interne ou collecte externalisée pour l'organique ; cendriers + filière de recyclage pour les mégots.

  3. Embarquer les équipes. Une signalétique claire et une explication du devenir des déchets suffisent à installer le réflexe.

Ni l'un ni l'autre ne suppose de tout revoir : les deux se confient à une filière, comme n'importe quel déchet à ceci près que celui-ci repart en compost ou en matière plutôt qu'à l'incinérateur. Deux déchets qu'on ne regarde jamais vraiment ; commencer à les compter suffit souvent à voir ce qu'il y a à faire.